Une édition 2026 sous le signe du combat aéroterrestre
Pour la deuxième année consécutive, nous avons pris la direction de l'aérodrome de Chartres, devenu le temps de quelques jours le théâtre des préparatifs du traditionnel défilé militaire du 14 Juillet. Mais cette édition 2026 revêt un caractère tout particulier. Pour la première fois, le défilé met en scène une représentation dynamique du champ de bataille moderne, faisant évoluer simultanément les hélicoptères et les véhicules terrestres afin d'illustrer la complémentarité des capacités de l'armée de Terre. Cette démonstration inédite offre au public une vision plus réaliste des opérations actuelles, où les moyens aériens et les unités au sol agissent en parfaite coordination.
Pour assurer cette prestation exceptionnelle, 14 hélicoptères de l'Aviation légère de l'Armée de terre (ALAT) ont été rassemblés à Chartres avant de rejoindre la capitale pour le défilé aérien du 14 juillet. Derrière cette organisation millimétrée se trouve le 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat (1er RHC) de Phalsbourg, chargé de coordonner l'ensemble du dispositif : préparation des équipages, organisation des stationnements, soutien logistique, ravitaillement, sécurité des opérations et enchaînement des vols jusqu'au jour J.
Pendant plusieurs jours, les équipages, mécaniciens et personnels de soutien ont enchaîné les répétitions afin de garantir un défilé d'une précision absolue.
Le PRTB, l'ombre indispensable des hélicoptères
Souvent méconnu du grand public, le Peloton de Ravitaillement et de Transport Blindé (PRTB) est pourtant un acteur essentiel du dispositif mis en œuvre lors des grands rassemblements aéronautiques de l'ALAT. Pleinement intégré aux Régiments d'Hélicoptères de Combat (RHC), ce peloton assure des missions aussi discrètes qu'indispensables au bon déroulement des opérations.
Au quotidien, ses personnels sont notamment chargés de guider et de positionner les hélicoptères sur les aires de stationnement en garantissant le strict respect des règles de sécurité. En liaison permanente avec la tour de contrôle, ils coordonnent les mouvements au sol afin d'assurer la fluidité des arrivées et des départs tout en maintenant des conditions de sécurité optimales pour les équipages et les aéronefs.
Mais leur mission ne s'arrête pas au simple placement des appareils. Les militaires du PRTB assurent également la surveillance et la protection des hélicoptères, de jour comme de nuit. Lors des préparatifs du défilé du 14 Juillet 2026 à Chartres, ils ont ainsi été mobilisés en permanence, assurant une alerte et une présence opérationnelle 24 heures sur 24 afin de garantir la sécurité des 14 hélicoptères de l'ALAT déployés sur le site.
Reconnaissable sous l'indicatif radio « JAVELOT », ces spécialistes constituent un maillon essentiel de la chaîne opérationnelle. Bien que rarement mis en lumière, leur expertise et leur vigilance permettent aux équipages de se concentrer pleinement sur leur mission, faisant du PRTB l'un des piliers invisibles du succès des opérations aériennes de l'ALAT.
Des hélicoptères configurés comme en opération
Pour cette édition 2026, l'ALAT a déployé un panel représentatif de ses capacités avec treize hélicoptères réunis à Chartres. Le dispositif comprenait trois SA342 Gazelle, dont deux appartenant au 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat et une au 3e RHC, trois hélicoptères d'attaque EC665 Tigre du 1er RHC, quatre NH90 TTH Caïman du 1er RHC, un AS532 Cougar (NG) du 5e RHC, ainsi que trois Fennec de l'École de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (EALAT).
Au-delà de la diversité des appareils, cette édition se distinguait par une volonté affirmée du chef d'état-major de l'armée de Terre : représenter le plus fidèlement possible le champ de bataille moderne. Dans cette logique, les hélicoptères arboraient leur configuration opérationnelle, illustrant les capacités propres à chaque plateforme.
Les Gazelle étaient ainsi présentées avec leur mitrailleuse Gatling (M134), tandis que les hélicoptères de manœuvre, à l'image du NH90 Caïman, étaient équipés de leur MAG 58/M3M en sabord. Les Tigre, véritables fers de lance de l'appui-feu de l'ALAT, affichaient quant à eux une configuration particulièrement démonstrative, avec leurs paniers de roquettes de 68 mm, leurs missiles Mistral destinés à l'autoprotection face aux menaces aériennes, ainsi que leurs missiles Hellfire, illustrant leur capacité d'engagement contre des objectifs blindés.
Cette présentation, rarement visible lors d'un défilé national, permettait de montrer au public des aéronefs dans une configuration proche de celle qu'ils peuvent adopter en opération. Une manière de rappeler que derrière la précision du défilé se trouvent avant tout des moyens conçus pour intervenir sur les théâtres d'engagement les plus exigeants.
Aspirante Sacha, pilote Fennec à l'EALAT
« J'ai toujours rêvé de devenir pilote. Pourtant, mon parcours ne me destinait pas forcément à l'aéronautique. J'ai obtenu un double master en génie civil et en architecture avant de décider de rejoindre l'ALAT pour réaliser ce rêve.
Je suis actuellement en formation sur Fennec à l'École de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre. En attendant la suite de mon cursus, j'effectue des vols de maintien de compétences et j'ai également eu la chance d'être détachée au sein d'un régiment d'hélicoptères de combat. C'est une expérience très enrichissante qui me permet de découvrir le quotidien d'une unité opérationnelle et de continuer à apprendre auprès d'équipages expérimentés.
À l'issue de ma formation, je rejoindrai le 5e Régiment d'Hélicoptères de Combat où je volerai sur NH90 Caïman. C'est un appareil qui me motive énormément et j'ai hâte de rejoindre une unité opérationnelle pour commencer cette nouvelle aventure. »
Lieutenant Ugo, pilote de NH90 Caïman au 1er RHC
« Enfant, je rêvais de devenir pilote de chasse. À 17 ans, je me suis engagé comme réserviste au 5e Régiment d'Hélicoptères de Combat. C'est là que j'ai découvert l'ALAT et que j'ai compris que je voulais devenir pilote d'hélicoptère. À 19 ans, j'ai passé les sélections et tout s'est ensuite enchaîné.
J'ai suivi le parcours de formation classique, avec une première phase à Dax sur Colibri, puis la formation sur Fennec au Luc, avant de rejoindre le 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat pour voler sur NH90 Caïman. Aujourd'hui, je totalise près de 400 heures de vol et cette édition 2026 marque mon tout premier défilé du 14 Juillet en tant que pilote.
Cette année sera d'autant plus marquante que j'aurai l'honneur d'embarquer à bord de mon Caïman Achille Muller, 101 ans, résistant et l'un des six derniers Compagnons des Forces françaises libres encore en vie. C'est une immense fierté de pouvoir partager ce moment avec lui et de lui rendre hommage à travers cette mission si particulière. »
Caporal-chef de 1re classe Will, MOS sur NH90 Caïman au 1er RHC
« J'ai débuté ma carrière au 3e Régiment d'Artillerie de Marine en tant qu'artilleur observateur. Après quelques années, j'ai souhaité donner une nouvelle orientation à mon parcours en passant la sélection interne pour devenir Membre d'Opérateur de Soute (MOS), une spécialité uniquement ouverte aux militaires du rang. Pendant une semaine, j'ai enchaîné des épreuves théoriques et physiques avant d'être retenu et d'intégrer le 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat.
Au fil de mon parcours, j'ai obtenu les trois qualifications MOS : MOS 1 en tant que chef de soute, MOS 2 comme tireur MAG58, puis MOS 3, qui me permet d'assurer les missions de slinger, de sauveteur et de tireur M3M. Aujourd'hui, je totalise près de 1 300 heures de vol et j'ai eu l'opportunité de participer à plusieurs opérations et missions, notamment en Estonie, en Nouvelle-Calédonie, au Sahel, dans le cadre des Jeux olympiques ainsi que de l'opération Résilience.
En parallèle de ma carrière , je pratique le football au sein de l'équipe de France militaire. J'ai eu la chance de participer Aux jeux mondiaux militaires organisée à WUHAN, en Chine, et de remporter quatre titres de champion de France.
Je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des personnels rencontrés lors de ce reportage, et tout particulièrement les militaires du PRTB pour leur disponibilité et leur confiance. Mes remerciements vont également au COMALAT, au commandant Philibert, ainsi qu’au SIRPAT pour leur accompagnement et leur soutien dans la réalisation de ce projet.