Les EHMA du 3e RHC : le cœur de la manœuvre aéroporté
Au sein de l'aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT), le 3ème Régiment d'hélicoptère de combat occupe une place particulière. Surnommé le "régiment de la nuit", il s'est forgé une solide réputation et expérience dans les opérations mobiles complexes, notamment en environnement dégradé. Au cœur de cette capacité les EHMA, Escadrilles d'Hélicoptères de Manœuvre et d'Assault.
Une fonction essentielle : projeter, appuyer, extraireLes EHMA constituent le pilier de la manœuvre aéromobile.
Leur rôle peut paraitre simple en apparence, mais extrêmement exigeant dans son exécution: transporter et engager des forces au plus près du combat.
Elle assurent notamment:
- la projection de troupes en zone hostile
- les opérations d'assaut aéroporté
- les évacuations sanitaires en conditions tactiques
- le ravitaillement de positions isolées
- l'exfiltration de personnels ou de commandos
Ces missions exigent une coordination précise avec les forces terrestres et les hélicoptères d'attaque, dans des environnement souvent instables et sous contrainte.
Une organisation structurée et opérationnelle
Le 3e RHC compte trois EHMA :
Elle assurent notamment:
- la projection de troupes en zone hostile
- les opérations d'assaut aéroporté
- les évacuations sanitaires en conditions tactiques
- le ravitaillement de positions isolées
- l'exfiltration de personnels ou de commandos
Ces missions exigent une coordination précise avec les forces terrestres et les hélicoptères d'attaque, dans des environnement souvent instables et sous contrainte.
Une organisation structurée et opérationnelle
Le 3e RHC compte trois EHMA :
Digne héritière de la 6e EHM, la 1er EHM est créée le 1er juillet 1999 sur la base
d'Etain-Rouvres. Depuis sa création, elle est engagée en continu sur de nombreux théâtres extérieurs: Balkans (1999-2010), Djibouti (depuis 1999), Opération HARMATTAN, SERVAL, BARKHANE, missions au Maroc (TAFILALET), au Liban (CEDRE BLEU) et en mer avec CORYMBE ET CORMORAN. Elle intervient aussi sur le territoire national et outre-mer, notamment lors de crises comme l'opération RESILIENCE en en 2020.
d'Etain-Rouvres. Depuis sa création, elle est engagée en continu sur de nombreux théâtres extérieurs: Balkans (1999-2010), Djibouti (depuis 1999), Opération HARMATTAN, SERVAL, BARKHANE, missions au Maroc (TAFILALET), au Liban (CEDRE BLEU) et en mer avec CORYMBE ET CORMORAN. Elle intervient aussi sur le territoire national et outre-mer, notamment lors de crises comme l'opération RESILIENCE en en 2020.
Créée le 1er juillet 1999 à Etain-Rouvres à partir de la 4e EHM du 4e RHCM dissous, la 2e EHM est initialement équipée d'hélicoptères PUMA. A partir de 2020, elle entame sa transformation vers une nouvelle génération d'hélicoptères, le NH90 CAIMAN, avec la formation progressive de son personnel. En 2021, elle devient la première escadrille équipée du CAIMAN au 3e RHC et reçoit son premier appareil en décembre.
Créée en 2018, la 3e EHMA est une unité récente mais rapidement engagée en opérations. Depuis sa création, elle enchaine les projections extérieures semblable aux 1e EHMA, de Djibouti en passant par le Maroc..
En parallèle, elle reste active sur le territoire national, notamment avec la mission HEPHAISTOS (lutte contre les feux de forêt) tout en projetant régulièrement ses personnels à Djibouti.
En résumé: une escadrille jeune mais déjà très operationnel, héritière de la culture PUMA, appelée à accompagner la fin de vie de cet hélicoptère légendaire et à devenir la dernière unité conventionnelle à l'exploiter.
En parallèle, elle reste active sur le territoire national, notamment avec la mission HEPHAISTOS (lutte contre les feux de forêt) tout en projetant régulièrement ses personnels à Djibouti.
En résumé: une escadrille jeune mais déjà très operationnel, héritière de la culture PUMA, appelée à accompagner la fin de vie de cet hélicoptère légendaire et à devenir la dernière unité conventionnelle à l'exploiter.
Le Puma: La machine historique
Pour remplir ces missions, pendants des décennies, une machine a été au cœur du dispositif: le Aérospatiale SA330 Puma.
Equipée de deux turbomoteur TURBOMECA type TURMO III C4 développant 2600 en places cela lui confère une sécurité accru en vol. Capable d'emporter une quinzaine de combattants équipés, le PUMA permet de rapidement une unité complète là où les véhicules terrestres ne peuvent pas accéder.
Dans un environnement ou la menace peut surgir du ciel que du sol, l'intégration d'un radar météo sur quelques appareil de type BENDIX RDR 1400 et de système d'autoprotection de type DAR-FRUIT et DAMIEN en complément de 2 packs lance leurres SAPHIR transforme l'hélicoptère en plateforme de survie e d'anticipation.
Pour remplir ces missions, pendants des décennies, une machine a été au cœur du dispositif: le Aérospatiale SA330 Puma.
Equipée de deux turbomoteur TURBOMECA type TURMO III C4 développant 2600 en places cela lui confère une sécurité accru en vol. Capable d'emporter une quinzaine de combattants équipés, le PUMA permet de rapidement une unité complète là où les véhicules terrestres ne peuvent pas accéder.
Dans un environnement ou la menace peut surgir du ciel que du sol, l'intégration d'un radar météo sur quelques appareil de type BENDIX RDR 1400 et de système d'autoprotection de type DAR-FRUIT et DAMIEN en complément de 2 packs lance leurres SAPHIR transforme l'hélicoptère en plateforme de survie e d'anticipation.
Au delà de sa fonction de transport le PUMA se distingue par sa capacité à s'adapter aux missions grâce à différents équipements modulaires:
- Mitrailleuse de type MAG FN 58 de calibre 7,62mm pour appuyer une couverture lors des phases critiques
- Un treuil en porte latéral ou d'une perche au centre de la soute (transport "sling") lorsque le posé est impossible lors d'opérations en montagne/mer
- 4 à 5 Réservoirs de 450L pour accroitre son élongation ou de ravitailler d'autres hélicoptères/véhicules terrestres
Pour maintenir le standard aéronautique actuel en terme d'avionique et d'IFR, les derniers PUMA sont équipés de: une radio UHF/VHF SATURN au pas de 8,33 MHz, un IFF MODE S, un GPS BRNAV (navigation et gestion du vol couplées à une cartographie numérique), de deux EHSI (Electronic Horizontal Situation Indicator) ainsi que de deux VOR/ILS DME.
- Mitrailleuse de type MAG FN 58 de calibre 7,62mm pour appuyer une couverture lors des phases critiques
- Un treuil en porte latéral ou d'une perche au centre de la soute (transport "sling") lorsque le posé est impossible lors d'opérations en montagne/mer
- 4 à 5 Réservoirs de 450L pour accroitre son élongation ou de ravitailler d'autres hélicoptères/véhicules terrestres
Pour maintenir le standard aéronautique actuel en terme d'avionique et d'IFR, les derniers PUMA sont équipés de: une radio UHF/VHF SATURN au pas de 8,33 MHz, un IFF MODE S, un GPS BRNAV (navigation et gestion du vol couplées à une cartographie numérique), de deux EHSI (Electronic Horizontal Situation Indicator) ainsi que de deux VOR/ILS DME.
Les missions: au cœur de la manœuvre aéromobile
Au sein des EHMA, chaque mission répond à un objectif clair: projeter, soutenir et extraire des forces engagées. Cette polyvalence se traduit par un large spectre d'actions, allant du transport tactique de troupes aux évacuations sanitaires (EVASAN), en passant par le ravitaillement ou encore les opérations de transport de matériel ou de troupe sous élingue (SLING) au profit des unités de l'Armée de Terre. Mais au-delà de ces missions, c'est surtout la préparation qui permet d'en garantir l'efficacité.
Cet engagement ne se limite pas au cadre militaire strict. En 2022, les équipages ont également été mobilisés dans le cadre de l'opération HEPHAISTOS, conjointement avec le 5e RHC au profit des sapeurs-sauveteurs des Unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile (UIISC) pour leur permettre d'atteindre des zones difficiles lors des incendies de la zone Sud de la France.
Lors de notre présence au sein de l'EHMA 1, cette exigence opérationnelle s'est illustrée à travers des phases d'entrainement intensives en vol tactique basse altitude, de jour comme de nuit, visent à réduire la détection et à s'adapter aux contraintes du relief. L'exercice se déroule ainsi: premier vol en journée sur un trajet prédéfinit pour analyser et repérer les éventuels obstacles sur le parcours, le vol s'effectue à une hauteur d'environ 30ft. Ensuite, même exercice, mais cette fois-ci de nuit sous JVN (Jumelle de vision nocturne), l'importance du repérage sur le vol de jour est capital pour permettre de réaliser cette exercice en toute sécurité. En parallèle, sur notre semaine, plusieurs vols de maintien de compétence IFR (Instrument Flight Rules) ont été réalisés en PUMA ou en FENNEC venant de l'EALAT spécialement pour ce type d'entrainement.
Les équipages : l'humain derrière la machine
Derrière chaque vol, chaque manœuvre et chaque mission, il y a avant tout un équipage, dont la coordination et la complémentarité conditionnent directement la réussite de l'opération. Lors de notre immersion, on a pu échanger avec trois membres d'équipage incarnant chacun un rôle essentiel a bord: deux pilotes, un mécanicien naviguant et un chef de soute.
Les pilotes sont au centre de la conduite de mission. Responsable du vol, ils assurent la navigation, la gestion de la trajectoire et l'exécution des manœuvres, souvent dans des environnements contraints et à très basse altitudes. Sur PUMA, il y a un chef de patrouille, souvent en place droite, il est plus expérimenté et s'occupe de la gestion du vol, de la radio... il est le pilote "monitoring" ensuite le pilote de gauche s'occupe uniquement de la conduite de la machine, il est le pilote "flying".
Lors de notre passage nous avons rencontrés la LTT HACE, rien à première vue, ne la destinait à faire une carrière dans l'aéronautique. Initialement attirée par le milieu militaire, elle s'orientait vers une spécialité cynophile. C'est finalement lors de son passage au centre de sélection et d'évaluation (CSO) que son parcours prend un tournant décisif.
Confrontée aux différentes opportunités offertes par l'Armée de Terre, elle découvre alors la filière pilote, une voie qui s'impose rapidement comme une évidence.
Ensuite tout s'enchaine, formation militaire initiale à Saint-Cyr Coëtquidan, elle rejoint ensuite l'EALAT pour ses premiers vols sur EC120 Colibri puis sa formation se poursuit au Luc où elle obtient sa qualification sur PUMA. Elle y développe les compétences nécessaires aux exigences des missions des EHMA. Elle totalise aujourd'hui 1100 HDV et prépare sa transition sur NH90 CAIMAN suite au retrait progressif du PUMA.
A leur côtes, le mécanicien naviguant joue un rôle clé dans la sécurité et le bon fonctionnement de l'appareil. Véritable expert technique embarqué, il surveille en continu les paramètres de le machine, anticipe d'éventuelles anomalies et assiste les pilotes dans la gestion de la machine. Mais il est aussi pleinement intégré à la mission: en phase de décollage ou de posé, il participe à la surveillance de l'environnement extérieur et contribue à la prise de décision. En parallèle, il s'occupe de la visite journalière de la machine, ils ont souvent une solide expérience de maintenance pour obtenir la qualification de mécanicien naviguant. Nous avons eu la chance de rencontrer le discret, ADJ VEROUTTI, 21 ans au sein de l'ALAT, mécanicien naviguant avec une solide expérience sur le PUMA, il a participé a de nombreux détachements et OPEX (Djibouti, Gabon...). il détient la qualification canon 20mm ainsi que le SLING et TREUIL.
Enfin, le membre opérationnel d'équipage de soute, le MOS, occupe une position centrale dans la gestion de la cabine et des opérations tactiques. Responsable de l'embarquement des troupes et du matériel, il assure également la mise des équipements spécifiques, comme le treuil, l'armement ou les dispositifs de transport sous élingue. En mission il est aussi acteur direct de la sécurité, notamment dans les phases critiques, où il peut être amené à assurer la protection rapprochée de l'appareil ou à guider les manœuvres. Lors de notre reportage, nous avons rencontrés le SGT "GIGI" avec un parcours plutôt atypique. Apres un BAC ES et DUT Commerce, il s'engage dans l'Armée de Terre en tant que transmetteur. Il entame ensuite un changement de carrière au sein de l'institution pour devenir MOS au célèbre 4e RHFS, après plusieurs OPEX il rejoindra le 3e RHC d'Etain.
Il ne faut pas oublier, l'ensemble des mécaniciens aéronautiques qu'ils soient systèmes, avioniques, structure, armement, en piste ou en hangar, ils assurent quotidiennement la mise en œuvre des machines pour garantir la sécurité des vols.
La transition vers le NH90 CAIMAN : le "tournant"
L'arrivée du NH90 CAIMAN au sein des EHMA du 3e RHC marque bien plus qu'un simple remplacement de machine: elle constitue un véritable tournant dans la manière de concevoir et conduire les missions aéromobiles. Après des décennies de service, le vénérable PUMA, robuste et éprouvé, atteint progressivement ses limites face à l'évolution des menaces et à la complexification des environnements d'engagement.
Le CAIMAN introduit d'abord une rupture majeure. Doté d'une avionique entièrement numérique, de systèmes de navigation avancés et de capacités accrues de vol tout temps, il permet aux équipages d'évoluer avec une précision et une sécurité nettement supérieures comme pour les posés sur terrains sommaires à très faible visibilité. Au delà de la technologie, c'est aussi la capacité opérationnelle qui évolue. Il offre une meilleure autonomie et une modularité accrue.
Ainsi, cette évolution s'inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des forces. En remplaçant progressivement le PUMA, le NH90 CAIMAN permet aux EHMA de répondre aux standards actuels des opérations. Le puma tirera sa révérence à l'été 2026, cela impliquera le pleine emploi du NH90 CAIMAN au sein du 3e RHC.
Je tiens à remercier l'ensemble des personnels rencontrés lors de ce reportage au sein des EHMA du 3e RHC, plus particulièrement à la cellule communication de la base d'Etain et à la LTT HACE pour son accompagnement tout au long de cette semaine.